L’HISTOIRE DE LA MARINE – des origines à 1700
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1637. Le « Sovereign of the Seas » (Angleterre)

 

CE somptueux navire fut construit à Woolwich, en 1637, par Phineas PETTE et son fils Peter. Assez semblable à son contemporain « La Couronne », il était armé d’un plus grand nombre de canons tout en ayant un tonnage moindre. Le Sovereign of the Seas fut le premier navire à trois ponts, mais il fallut par la suite en raser un afin de l’alléger dans les hauts. Il était lourd et ne possédait pas les magnifiques qualités nautiques de « La Couronne ». Ses superstructures étaient à ce point surchargées d’ornementations que les Hollandais l’avaient surnommé « le diable doré ». Sa figure de proue représentait le roi d’Angleterre foulant sept monarques sous les sabots de son cheval ! Le prix de sa décoration entrait pour 10.000 livres dans les 40.000 livres de son coût total ; « La Couronne », qui était plus grande, avait coûté un tiers en moins. Le gréement des vaisseaux avait à peu près atteint, dès cette époque, sa forme définitive. Jusqu’à la fin de la marine à voile, il se composera toujours de trois mâts : à l’avant le mât de misaine, au centre le grand mât, à l’arrière le mât d’artimon. Le gréement du grand mât et du mât de misaine, avec une grande voile, un hunier et un perroquet, ne variera quasiment plus. Seuls le beaupré et le mât d’artimon présenteront des différences : nous les signalerons quand il y aura lieu. Sur le Sovereign of the Seas avait été installé, à l’extrémité du beaupré, un petit mât vertical placé assez bizarrement sur une petite hune. Ce mât portait une petite voile carrée appelée perroquet de beaupré ou tourmentin (peut-être à cause de la facilité avec laquelle le moindre coup de vent l’emportait). Le but de cette voile, comme toutes les voiles de beaupré, était de faciliter l’évolution du navire. Le perroquet de beaupré fit timidement son apparition en 1618. Le mât d’artimon portait, au-dessus de l’ancienne voile latine, une voile carrée dite perroquet de fougue. Les étais tenaient aux mâts au moyen de pattes-d’oie très fournies, afin que fût dispersée sur plusieurs points la traction de ces lourds cordages.